Naissance
Ajla 0 ans
Zürich, ZH
RCP 4.5
Saatlen, 2025. Le bruit de l’autoroute A1 berce les nuits d’Ajla, fraichement née dans un modeste 3 pièces où s’entassent les rêves de ses parents, arrivés de Bosnie vingt ans plus tôt. « Ici, au moins, elles auront une chance », murmure souvent sa mère Merjem en regardant ses trois filles, tandis que son père Davud, ouvrier dans le BTP, rentre épuisé mais fier après des journées de travail sur le chantier d’extension de la gare de Stadelhofen. « Tout se construit, même l’avenir », répète-t-il en essuyant la sueur de son front.
Ajla, cinq ans, observe depuis la fenêtre les grues qui transforment le quartier. « Papa, je pourrai aller les conduire ? », annonce-t-elle un soir, pointant du doigt les chantiers illuminés. Ses parents échangent un sourire complice. « Alors il faudra étudier, et pas seulement rêver », répond sa mère en lui tendant un cahier de coloriage des transports publics. « Les mains, ça travaille. La tête, ça commande. » Que ce soit le matin à l’école ou l’après-midi devant ses jeux de construction adorés, Ajla se distingue toujours par une curiosité tenace. « Pourquoi les rails sont-ils posés comme ça ? », « Comment les tramways tiennent-ils sans tomber ? » Les questions fusent, agaçant parfois ses institutrices, mais ravissant son père, qui lui offre un casque de chantier miniature pour ses six ans. « Pour que tu te souviennes : tout ce qui tient debout a d’abord été une idée. »
Le soir, autour de la table, la famille écoute les récits des chantiers du jour. « Aujourd’hui, on a commencé le chantier de la 4ème voie », raconte son père, les yeux brillants. « Demain, ce sera ton tour de construire quelque chose. » Ajla hoche la tête, sérieuse, et trace des lignes droites sur son cahier, comme si elle traçait déjà son propre chemin...