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Scénario Pessimiste

RCP 7.0
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Ajla

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Jeune adulte

Ajla 25 ans

Zürich, ZH

RCP 7.0
Illustration etape de vie

12 août, quartier d’Affoltern. La canicule est devenue une épreuve d’endurance et force les chantiers à se dérouler de nuit. À 23h et 37°C, Ajla, 25 ans, vérifie l’alignement des voies sous la lumière crue des projecteurs. À travers ses gants, elle sent la chaleur irradier des rails qui frôlent les 55°C.

Illustration etape de vie

« Les nouveaux joints de dilatation sont bloqués à la douane, on va devoir renforcer les anciens », peste le contremaître. La fragmentation des accords commerciaux internationaux commence à gripper les rouages : les matériaux de pointe issus de l’étranger arrivent, mais au compte-goutte et à des prix prohibitifs. Chaque pièce de rechange est devenue stratégique dans une Suisse qui doit désormais se battre pour ses importations. Ajla, technicienne issue de l’apprentissage, jongle entre ses interventions de terrain et son mémoire de Bachelor en génie civil sur la « résilience des réseaux ferrés en économie contrainte ». Sa force, c'est ce mélange de savoir-faire manuel et de gestion des ressources. Dans ce quartier où aucun réseau de froid n’a été mis en place, les immeubles n’ayant pas de climatisation suffoquent, ses habitants ouvrent les fenêtres, espérant un souffle d'air qui ne vient pas. Ajla aperçoit des silhouettes épuisées sur les balcons, après 15 jours sans répit. Au pied des arbres, des familles ont installé des matelas à même le sol, fuyant la fournaise de leurs appartements. En Europe, les journaux télévisés défilent sur sa tablette, montrant des hôpitaux saturés à Paris et Madrid ; Zurich tient, mais ses services d'urgence arrivent à saturation. Pour préserver les rails, la ville déploie des camions-citernes qui arrosent le métal en continu. À 2h, c’est la pause obligatoire, l'équipe se dirige à la frontale vers un conteneur refroidi. « Ma mère ne dort plus, elle est fiévreuse à cause de la chaleur », confie un collègue, les yeux rougis. À 4h30, alors qu'elle rentre en électro-vélo, Ajla croise les premiers trams. Ils circulent à vitesse réduite sur un métal éprouvé, mais le service est assuré. Zurich lutte, elle ne brille plus autant, mais elle reste une horloge qui refuse de retarder. « On tient le cap », murmure Ajla, alors que le soleil, déjà menaçant, pointe à l'horizon.