← Retour au menu

Scénario Médian

RCP 4.5
characters

Camille

Changer

Senior

Camille 50 ans

Lausanne, VD

RCP 4.5
Illustration etape de vie

À 50 ans, chargée de projets d'adaptation climatique pour le canton, Camille pestait depuis longtemps sur le manque de moyens face à l'ampleur de la tâche... Ce qu'elle redoutait arriva durant l’été 2050 avec ce qu'on appella par la suite "la grande canicule" : trois semaines à 45°C, des nuits étouffantes et des pannes d’électricité répétées —, les lacunes du plan d'adaptation éclatent au grand jour. Le Léman, à 28°C et partiellement envahi d’algues, devient un refuge précaire. Camille, Luka et Noéline, 15 ans, vivent dans un 3.5 pièces refroidi par une pompe à chaleur géothermique de quartier, qui donne quelques signes de faiblesse mais leur permet de dormir à peu près. Leurs amis Alexandre et Nina, dont l’appartement est une fournaise, ont débarqué avec leurs matelas, transformant le salon en dortoir improvisé. « Mes réfugiés climatiques », plaisante Camille, même si la situation n’a rien de drôle. Elle passe ses journées à organiser des « shifts de baignade assistée » à Ouchy et Vidy, où des bénévoles aident les personnes âgées et distribuent de l’eau. Les plages adaptées sont bondées, les stocks s’épuisent, et les tensions montent vite faute de solutions à l'échelle. Comme dans les hopitaux, les abris climatiques - en nombre insuffisants - doivent appliquer un tri à l'entrée, et les bagarres sont fréquentes. Pour s'y rendre nuit et jour et déplacer les stocks, elle réquisitionne jusqu'à nouvel ordre un véhicule d'autopartage du quartier. En lançant la climatisation à distance 10mns avant de s'y engouffrer, elle remercie de ne pas être dans un de ces anciens véhicules thermiques qui n'avaient pas cette fonction aujourd'hui indispensable...

Le soir, épuisée, elle plonge ses pieds dans le lac en regardant les files d’attente devant les camions-citernes. « Aujourd'hui, 3 bagarres pour une place à l'ombre et 2 pour une place dans la navette - trop petite. On a évité le pire, mais de justesse », dit-elle en rentrant à Luka, qui repeint en blanc leur balcon. Noéline, le visage rouge de chaleur, ose une question : « Et si on partait ? » Camille serre les dents. « Pour aller où ? Même à La Brévine, le bétail est asphyxié...Ici au moins, on est utiles »